Francis Chenot est poète, critique musical, fondateur, avec Francis Tessa, de la Maison de la Poésie d'Amay et des Editions de l'Arbre à Parole dont il est le directeur. Il a lu le livre et voici ce qu'il en dit: "J'ai terminé cette nuit «Les tambours de Louis» que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Je ne connaissais pas Louis Mellyne, mais ce livre est avant tout une déclaration d'amour pour le jazz. Et quelle érudition ! D'accord avec vous… et Louis, Picasso et Coltrane sont les plus grands artistes du XXe siècle. Il manque, dans les batteurs que vous citez, un nom : celui de Paul Motian, même s'il est Blanc. Que Louis se rassure : Stéphan P. a suivi le bon chemin".
Picasso, Coltrane,les plus grands artistes du XXe siècle... avec quelques autres. Les batteurs cités dans le livre sont ceux qui me sont venus plus ou moins spontanément, et qui ont marqué ma mémoire, ou celle de Louis. La liste n'est pas exhaustive... il y a beaucoup d'excellents batteurs, beaucoup de maîtres, et Paul Motian est certainement un des plus grands.
Merci, Francis, pour cet avis.
Et tant que j'y suis, je voudrais mentionner un batteur superbe que je viens de découvrir au Beursschouwburg dans le cadre du festival Justjazzit, au sein du quartet d'Hélène Labarrière composé du saxophoniste baryton François Corneloup et du guitariste Christophe Marguet: Hasse Poulsen. A retenir !
Et tant que j'y suis, puisque j'y suis encore, je me souviens de Jim Black, un jeune batteur trop rare chez nous, que j'avais entendu il y a quelques années avec Dave Liebman et Ellery Erskelin.
Voilà, c'est tout, je n'y suis plus.
Ah et si vous voulez en savoir plus sur Francis Chenot, cliquez sur le titre.
vendredi 25 février 2011
dimanche 30 janvier 2011
Après le spectacle "Syncopes": l'avis et le témoignage de Jean-Luc Geoffroy

Jean-Luc Geoffroy est responsable du Service du Livre Luxembourgeois, écrivain, poète, auteur de plusieurs ouvrages, dont Miserrances (Luce Wilquin), photographe amateur et ... ventriloque, magicien et sculpteur sur ballon(sic). Musicien amateur, il a eu l'occasion de bénéficier des conseils de Louis le musicien, Louis l'homme, le vrai, devenu le personnage de mon roman. Comme tous ceux qui l'ont connu, il en a gardé un souvenir ému et reconnaissant jusqu'à aujourd'hui. Il a vu le spectacle Syncopes et a tenu à apporter son témoignage et à exprimer son opinion. Jean-Luc Geoffroy a un site. Pour le visiter, cliquez sur le titre.
Voici son texte:
Au commencement, il y avait la musique. J’étais jeune. Moins de 20 ans. Un éducateur de l’Athénée où j’étudiais me pousse vers le conservatoire, puis m’amène près d’un de ses copains, batteur de son état. Un type hors normes. On «fait» du jazz. Louis ne laisse rien passer. Il sait toujours qui fait la floche. Sans complaisance, sans agressivité, il le dit. Son but n’est que le progrès de chacun pour la musique de tous. Au fil des anecdotes, on apprend des bribes de sa vie. Ses leçons chez Kenny Clarke, la Corée... Études supérieures, service militaire, mariage... la musique me quitte peu à peu, dans son exécution en tout cas. Boulot, promotion du livre. Trente-cinq ans plus tard, je reçois le courriel d’un inconnu, Lucien Putz, qui, originaire d’Arlon, me dit qu’il publie un roman relatant la vie d'un musicien de Gaume au parcours peu commun et me demande si mon service peut assurer une promo. Réaction pauvre : je me dis que c’est encore une bio de Mozart ou de Wagner, et que c’est bien triste d’encombrer des rayons avec des nouveaux bouquins qui n’apprennent rien à propos de gens dont on a tout dit. Deuxième message. Lisez la 4e de couverture sur le blog suivant. J’y vais. L’œil scanne avant de lire. Le nom de Kenny Clarke ressort comme une enseigne au néon. Je lis. Mais c’est mon Louis, ça! Lecture goulue, contact avec Lucien qui deviendra vite un ami. Le livre arrive, je dévore. Invitation à Athus, Centre culturel, pour une présentation avec intervention d’une Brigade poétique. Le mot «brigade» me gène. Les lectures sont bien choisies, bien faites. Pas regretté ma soirée. Plus tard, alors que Les tambours de Louis vivent à travers presse et lecteurs, je reçois une invitation pour une séance de travail public sur ce livre. Un spectacle... Bellefontaine. On nous avertit que le spectacle est en construction (un peu à la manière de certains sites internet...) À travers des comédiens du théâtre action (La Compagnie du Grand Asile), Louis passe la soirée devant moi, à me raconter sa vie. Je dis me raconter sa vie parce que ces membres d’un asile hors du commun ont effacé le monde qui m’entoure. Je suis seul avec Louis, sa mère, son frère, sa sœur, le père... Au sortir de cette succession de scènes, j’ai du mal de parler. Et je dis à Aïcha mon émotion, comment Louis, à travers les corps d’un groupe de jeunes gens passionnés, a pris toute sa consistance à mes yeux, à mon cœur. À Tintigny, je vais voir le «produit fini». L’émotion est toujours là, intense. La soirée se passe sans le moindre temps mort. Louis est un être alambiqué, sa vie est riche en rebondissements. Le spectacle aussi. Fidèle à l’œuvre de Lucien. Les scènes fusent, comme fusaient les traits d’humour de Louis quand je l’ai connu. Mon émotion, ma douleur, c’est d’avoir appris la souffrance de l’homme, mon bonheur, c’est d’avoir appris à mieux le connaître. Et je peux affirmer sans honte que je n’ai pas retenu mes larmes, ni à Bellefontaine, ni à Tintigny. Et que le Louis que j’ai retrouvé à travers Lucien puis à travers le Grand Asile, je ne peux que l’aimer plus encore qu’à l’époque où il dirigeait nos répétitions de baguettes de maître. Merci, Louis, de m’avoir fait bénéficier de ta générosité en son temps. Merci, Lucien, de m’avoir rendu ce Louis qui s’effaçait tristement et indûment de ma mémoire. Merci, comédiens du Grand Asile de lui avoir redonné vie à travers ce qui est un hommage de haut vol. Je reverrai Syncopes. Je ne suis pas certain que je n’y retrouverai pas encore des surprises. Je suis certain que les comédiens me feront revivre des émotions intenses. Je sais que je dirai encore merci...
lundi 17 janvier 2011
Les chroniques sur blog à part
Je me laisse aller, allez, non voici mes dernières chroniques parues sur le blog de Vincent Engel, blog à part:
Le carnaval de Sonny Rollins
Le concert de Dave Liebman in the baba au Singel d'Anvers
Han Bennink, le KVS, la pauvreté et les Flamands qu'on aime
Cliquez sur le titre, puis une fois sur le blog, sur Culture/Musique.
Tant que j'y suis, je vous rappelle les autres chroniques déjà parues:
Cinéma Novo (Michel Massot, Marine Horbaczewsky, Tuur Florizoone)
Freedom, Rhythm & Sound, Revolutionary Jazz and the Civil Rights Movement, 1963-1982
Les duos de Joëlle Léandre
The music of Michel Herr
Marc Copland, Alone
La root africaine de Guy Le Querrec
Matt Darriau sur le Potemkine
Et, hors catégorie:
Mr Nobody de Jaco Van Dormael: les grandes oeuvres avancent lentement
Bonne lecture !
Et c'est quoi déjà, le blog de Vincent Engel ? C'est ceci:
"Des écrivains, des journalistes, des critiques littéraires et musicaux, venus d'horizons divers, rassemblés par Vincent Engel, pour former une équipe virtuelle, sinon vertueuse, voilà ce que vous propose ce blog à part ! Des coups de gueules, des analyses, des comptes rendus, des sensibilités différentes, mais toujours la même liberté. Chaque auteur assume la pleine responsabilité de ses écrits."
Le carnaval de Sonny Rollins
Le concert de Dave Liebman in the baba au Singel d'Anvers
Han Bennink, le KVS, la pauvreté et les Flamands qu'on aime
Cliquez sur le titre, puis une fois sur le blog, sur Culture/Musique.
Tant que j'y suis, je vous rappelle les autres chroniques déjà parues:
Cinéma Novo (Michel Massot, Marine Horbaczewsky, Tuur Florizoone)
Freedom, Rhythm & Sound, Revolutionary Jazz and the Civil Rights Movement, 1963-1982
Les duos de Joëlle Léandre
The music of Michel Herr
Marc Copland, Alone
Solos et duos de Pierre Van Dormael (avec Hervé Samb)
La root africaine de Guy Le Querrec
Matt Darriau sur le Potemkine
Et, hors catégorie:
Mr Nobody de Jaco Van Dormael: les grandes oeuvres avancent lentement
Bonne lecture !
Et c'est quoi déjà, le blog de Vincent Engel ? C'est ceci:
"Des écrivains, des journalistes, des critiques littéraires et musicaux, venus d'horizons divers, rassemblés par Vincent Engel, pour former une équipe virtuelle, sinon vertueuse, voilà ce que vous propose ce blog à part ! Des coups de gueules, des analyses, des comptes rendus, des sensibilités différentes, mais toujours la même liberté. Chaque auteur assume la pleine responsabilité de ses écrits."
samedi 4 décembre 2010
Après les représentations de "Syncopes" à Rossignol
Écrire un livre est une aventure solitaire. Le voir publié rompt, en apparence et pendant un temps, cette solitude. Le voir mis en scène, par contre, fait entrer son auteur de plein pied dans une aventure humaine et artistique collective, même s'il n'y participe pas directement. Inutile de dire que l'aventure est riche et féconde. Si le spectacle est mauvais, il se dit qu'au moins, vivre l'élaboration d'un spectacle de l'intérieur aura été une expérience palpitante. S'il est simplement agréable et disons, sympathique, il sera content aussi. Que dire alors si le spectacle est bon ? Bon, c'est-à-dire qu'il fonctionne, que, tout en racontant une histoire, il fait naître une tension, une émotion, et qu'il transmet cette tension, cette émotion, au public. Et bien dans ce cas, l'auteur sera beaucoup plus que content. C'est ce qui se passe avec le spectacle "Syncopes". C'est ce que j'ai ressenti après les représentations au Centre Culturel de Rossignol : ce spectacle est un bon spectacle. Mais l'auteur, s'il est bien placé pour le penser, est cependant mal placé pour le dire, il est mal placé pour dire que ces comédiens ont créé un spectacle qui tient la route - mais là c'est un minimum, il fait plus que la tenir, il l'occupe, il la maîtrise, et il devrait d'ailleurs la prendre, cette route, en Belgique, en France. Ils n'ont pas à rougir face à beaucoup de comédiens faisant partie du gotha des compagnies belges. Et si l'auteur était le seul à le dire, il ne le dirait pas, mais, ouvrant ses antennes après le spectacle, il a capté les réactions, positives, voire enthousiastes, de la plupart des spectateurs présents. L'auteur est donc heureux qu'un tiers, Jean-Jacques Didier, connaisseur, professeur de littérature française, poète, écrivain, ait consigné son enthousisame dans un article, reproduit ci-dessous. Et je le remercie. TVLux a consacré une séquence au spectacle, visible sur leur site: www.tvlux.be/joomla/index.php/component/content/article/188/6284 Après avoir cliqué sur le lien, il vous sera peut-être demandé d'installer un plug-in. C'est rapide et sans douleur.
Le spectacle "Syncope": l'avis de Jean-Jacques Didier
Loué lors de sa sortie par des spécialistes du roman (Pierre Mertens, Vincent Engel) autant que par ceux du jazz (Philippe Baron, Jacques Chesnel, Laure Albernhe, Paul Benkimoun, critique littéraire et musical du Monde), le roman Les tambours de Louis, de Lucien Putz, appelaient une mise en voix et en musique, tant son écriture est musicale. C’est chose faite, et remarquablement faite, grâce à la troupe de musiciens et d’acteurs du Grand Asile (basée à Bellefontaine, commune de Tintigny, province du Luxembourg).
Sur scène, deux comédiens, deux comédiennes et deux musiciens disent, miment, jouent, dansent l’épopée qu’a été la vie de Louis Mellyne. Celui-ci, accordéoniste puis batteur de jazz hors pair, a aussi, à l’égal des grands du jazz contemporain, brûlé la vie par les deux bouts : éternel rebelle à tous les conformismes, il a tâté de la castagne dans la guerre de Corée, battu le fer dans les aciéries de Lorraine, essuyé des bagarres dans les bals où il jouait (« Louis, arrête de jouer comme les Nègres ! »), avalé les routes d’Athus à Paris et retour pour suivre les cours de Kenny Clarke qui aurait aimé l’emmener à New York.
Syncopes rend fidèlement compte de la dureté des temps sur un ton parfois militant, parfois par une expression plus oblique mais tout aussi convaincante. Aïcha, dont on aimerait connaître le nom de famille pour l’inscrire lumineux au faîte de cette production, mène son monde avec finesse et vigueur, avec les moyens du spectacle total. Ceux-ci sont pourtant de matériau modeste : cartons, corde à linge, écran pour des ombres chinoises, et quelques oripeaux, mais quel peps insufflé ! Et quelle riche idée de faire virevolter les rôles d’un comédien à l’autre, chacun devenant tout à tour le narrateur, la mère tyrannique, le frère aîné, tel soldat, tel employeur… Quant aux musiciens, ils incarnent par des intermèdes parfaitement intégrés la part indicible de cette passion qui aura frappé de plein fouet la vie de Louis Mellyne : la syncope.
Il faut donc citer tout le monde : Déborah Barbieri (comédienne), David Claeyssens (comédien), Jean-Baptiste Claisse (batterie, création sonore), Sébastien Cugnon (accordéon, guitare, création sonore), Hélène De Wilde (comédienne), Boris Maxant (comédien)Et dans les coulisses Jean-François Catry (création lumière), Isabelle Pêcheur (création vidéo), Eléonore Gaillet (costumes et scénographie) et Aïcha (mise en scène).
Jean-Jacques DIDIER
Chargé de cours
Institut libre Marie Haps, Bruxelles
Sur scène, deux comédiens, deux comédiennes et deux musiciens disent, miment, jouent, dansent l’épopée qu’a été la vie de Louis Mellyne. Celui-ci, accordéoniste puis batteur de jazz hors pair, a aussi, à l’égal des grands du jazz contemporain, brûlé la vie par les deux bouts : éternel rebelle à tous les conformismes, il a tâté de la castagne dans la guerre de Corée, battu le fer dans les aciéries de Lorraine, essuyé des bagarres dans les bals où il jouait (« Louis, arrête de jouer comme les Nègres ! »), avalé les routes d’Athus à Paris et retour pour suivre les cours de Kenny Clarke qui aurait aimé l’emmener à New York.
Syncopes rend fidèlement compte de la dureté des temps sur un ton parfois militant, parfois par une expression plus oblique mais tout aussi convaincante. Aïcha, dont on aimerait connaître le nom de famille pour l’inscrire lumineux au faîte de cette production, mène son monde avec finesse et vigueur, avec les moyens du spectacle total. Ceux-ci sont pourtant de matériau modeste : cartons, corde à linge, écran pour des ombres chinoises, et quelques oripeaux, mais quel peps insufflé ! Et quelle riche idée de faire virevolter les rôles d’un comédien à l’autre, chacun devenant tout à tour le narrateur, la mère tyrannique, le frère aîné, tel soldat, tel employeur… Quant aux musiciens, ils incarnent par des intermèdes parfaitement intégrés la part indicible de cette passion qui aura frappé de plein fouet la vie de Louis Mellyne : la syncope.
Il faut donc citer tout le monde : Déborah Barbieri (comédienne), David Claeyssens (comédien), Jean-Baptiste Claisse (batterie, création sonore), Sébastien Cugnon (accordéon, guitare, création sonore), Hélène De Wilde (comédienne), Boris Maxant (comédien)Et dans les coulisses Jean-François Catry (création lumière), Isabelle Pêcheur (création vidéo), Eléonore Gaillet (costumes et scénographie) et Aïcha (mise en scène).
Jean-Jacques DIDIER
Chargé de cours
Institut libre Marie Haps, Bruxelles
jeudi 30 septembre 2010
Les tambours de Louis sur scène
Au Centre Culturel de Rossignol-Tintigny, les 5-6-7 novembre 2010: le texte-annonceLa Compagnie le Grand Asile (Bellefontaine) a créé le spectacle Syncopes à partir du roman de Lucien Putz, Les tambours de Louis, en collaboration avec le Centre culturel de Rossignol-Tintigny. Un parcours "syncopé" où on retrouve le Sud-Luxembourg au fil des mots et de l'aventure.
C'est l'histoire de Louis Mellyne, musicien de jazz gaumais. De sa confrontation violente avec le monde, il ne pourra se dépêtrer que par la musique.
À partir d'une œuvre littéraire originale et contemporaine, le spectacle parle d'un bout d'histoire particulière - un grand musicien de jazz méconnu du grand public qui a choisi de rester ouvrier d'usine - pour tendre vers une histoire universelle; celle de l'humanité faite d'ingéniosité - le jazz, l'amour, la tolérance, le métissage - et d'horreurs - l'intolérance, le racisme, les guerres, l'esclavage…
Le spectacle traverse l'histoire de Louis en la mettant en relief avec l'histoire du monde qu'il a vécue dans sa chair : l'exode de la seconde guerre mondiale, la rencontre avec les Américains, la guerre de Corée, la formation chez Kenny Clarke,…
Lieu: Centre culturel de Rossignol-Tintigny
Dates et horaires: les vendredi 5 et samedi 6 novembre à 20 h, le dimanche 7 novembre à 15 h
mercredi 29 septembre 2010
La root africaine de Guy Le Querrec
J'ai rédigé une chronique dans les colonnes de Blog à part sur Root africaine, le projet photographique et musical de Guy Le Querrec, membre de l'agence Magnum, qui a été présenté à l'Aula Magna le 21 septembre dernier, en compagnie de ses trois complices et amis musiciens Louis Sclavis, Henri Texier et Aldo Romano. Cliquer sur le titre, puis rubrique Culture, Musique.
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