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samedi 7 novembre 2009

Au revoir René!

En ce printemps 2009, René Dauby nous invitait à son exposition virtuelle. Voici le carton d'invitation: "J'ai l'honneur de vous présenter mes œuvres d'hiver. Et vive le printemps!" http://www.artmajeur.com/?go=artworks/list_artworks&list_artist_id=55325
Les saisons se suivent, mais ne se ressemblent pas... René nous a quitté cet été...
Je vous invite à lire ou à relire le beau texte qu'il m'avait envoyé et qui est repris dans ce blog en date du 14 janvier.
Et c'est avec émotion que j'ai reçu ce témoignage touchant de Christian Rau: "(...) C'est en cherchant sur Internet des informations sur d'anciennes connaissances artistiques que j'ai appris, par un mot de toi, la disparition de René Dauby. Il avait collaboré avec nous dans le cadre des activités de COSMOSCENIUM-THEATRE :- en tant qu'acteur : dans ce contexte, malgré un certain talent, nous avions stressé plusieurs fois de peur de ne pas le voir venir pour jouer : dans un spectacle où il ne jouait qu'après l'entracte, nous avons dû, à Marbehan, prolonger cette pause d'au moins 30 minutes supplémentaires... Heureusement, il est quand même arrivé ! Un vrai poète ! Et très chaleureux.- mais nous avions pu aussi apprécier ses talents de peintre dans - je pense - un spectacle sur Queneau (...). Je me rappelle aussi qu'on allait parfois le chercher à Viville lorsqu'il logeait avec d'autres personnes "artistiques", rue des Quatre Vents : Jean-Loup Christophe, je pense et d'autres.
D'ailleurs - avant d'apprendre son décès - chaque fois je passe par là, je pense à René et à cette époque, les années 70 où il y avait quand même une effervescence artistique plus féconde que maintenant où on a tendance à formater et à niveler beaucoup dans ce domaine."

mercredi 14 janvier 2009

René Dauby écrit (comme il peint)




René Dauby, artiste peintre, ami de mes années arlonaises, écrit aussi. Il peint son avis avec des mots, ses mots.
"Trois jours pour lire... Night and day... Tes mots, notes colorées, envahissent ma toile. Sur l'écran noir de mes nuits blanches. Charlie Mingus plays the piano (yes, he did, too; ndlr). Syncope, un temps fort, un temps faible, je tourne les pages, je les avale, le thème revient, la batterie de Mellyne... Rythme le chemin de mes yeux sur le papier. Des toiles encore vierges m'attendent... Tes couleurs explosent en lettres, en phrases, une histoire... que tu me racontes. Je ne la connaissais pas, je ne le connaissais pas le Louis, pas Amsrtrong, mais Mellyne, Louissss!Body and soul, je suis happé , je me laisse conduire par les balais sur la charleston, par ta plume. Merci, je me régale, je me suis régalé! Il n'y a de vrai pouvoir que le talent, tu le tiens, tu swingues: Blaise Cendrars, Miller pas Arthur mais Henry. Dis-moi , Lucien, sommes-nous loin de Saint-Donat? Des mots d'Afrique, de New-York, de Tokyo. Dans l'enfer de la guerre... Une histoire triste, les plus belles...Ami, il faut se voir, cette nouvelle année, elle te sera bonne. Je te le souhaite. Chapeau bas, sur la tête d'un batteur de mots. René"Et merci à Patricia, peintre elle aussi, d'avoir mis le livre dans les mains de René...

En ce printemps 2009, René Dauby nous invitait à son exposition virtuelle. Voici le carton d'invitation: J'ai l'honneur de vous présenter mes œuvres d'hiver Et vive le printemps! http://www.artmajeur.com/?go=artworks/list_artworks&list_artist_id=55325
Et puis est venu l'été... le dernier été de René... Les saisons se suivent, ne se ressemblent pas... René est mort. A peine (re)trouvé, perdu, parti. Et nous voilà en hiver 2009, oui, je sais, la date ne colle pas avec celle de ce message... mais je veux écrire ici, sous son texte...
Dans le contexte virtuel et immatériel des blogs et d'Internet, le réseau des étoiles, on ne me blâmera sans doute pas de lui écrire, de t'écrire, virtuellement, immatériellement, et si les mots resteront virtuels, je peux t'assurer, René, que l'émotion, le chagrin, le choc et la rage sont bien réels...
Contrairement à ton habitude, René, tu n'avais pas répondu à mon dernier mail, dans lequel je te proposais de m'accompagner au festival Jazz Middelheim d'Anvers, en août, pour y entendre, entre autres, John Zorn, Lou Reed et Laurie Anderson, comme je t'aurais proposé Ornette Coleman un an plus tôt, mais on ne s'était pas encore retrouvés, ou Cecil Taylor, le mois passé, mais là, tu étais déjà parti... Car, je l'avais compris au cours de notre dernière conversation, après un concert du trio Massot Florizoone Horbaczewski à la Jazz Station, nos goûts et nos méfiances nous poussaient tous deux dans la même direction, sur des voies parallèles, toi, depuis longtemps, dans la peinture, moi, plus récemment, dans l'écriture. D'ailleurs l'idée ne nous était-elle pas venue "de faire quelque chose ensemble"? C'est Patricia qui a répondu à ta place, qui m'a appris la nouvelle. Et ton dernier voyage, tu n'aurais pu le concevoir sans une dernière escale à Arles, ta ville d'adoption, comme tu n'aurais pu concevoir ton dernier combat ailleurs que dans le voisinage des arènes que tu connaissais si bien, pour y avoir combattu, avec tes armes d'artiste (voir http://www.artmajeur.com/?go=user_pages/display_all&login=platon) ...
Et comme tu le dis si bien... vive le printemps...