dimanche 10 février 2008

Foire du Livre de Bruxelles

Je serai présent à la Foire du Livre le jeudi 6 mars de 20 à 21 heures pour une séance de dédicaces au stand des Presses Universitaires de Namur et le vendredi 7 mars de 20 à 22 heures au stand du Service du Livre Luxembourgeois. Une belle occasion de se rencontrer et de parler de mon livre qui fait son petit bonhomme de chemin, mais qui attend encore la réaction des critiques. Un peu tôt sans doute. Seul Vincent Engel a publié son avis (à lire!) sur son site. Voir le message du 9 février

Chez le médecin

Je suis intrigué. Il y a quelques mois, lors d'une visite de routine chez mon médecin traitant que je fréquente depuis des années, je l'informe de la sortie de mon roman et lui remets un dépliant de présentation. Je supposais qu'il emporterait le dépliant dans sa sphère familiale. Mais quelle ne fut pas ma surprise, lors d'une visite récente, de voir mon médecin extirper le dépliant de mon dossier médical! Je n'avais pas compté sur autant de conscience professionnelle. Voilà, a-t-il dû se dire, une pièce de plus à verser à ce dossier. Ecrire relève donc bel et bien de la médecine, il s'agit comme je le craignais, d'une maladie qui, chez moi, n'est hélas pas encore chronique! Et je suis confirmé dans l'idée que mon médecin est un excellent médecin, puisqu'il ne semble pas désespérer de m'en guérir un jour.
Et confirmé aussi dans ma croyance en la justesse de la citation de J.M.G. Le Clezio qui clôt mon roman: "Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art, mais seulement de la médecine". Ce roman qui commence par cette autre citation médicale de Kenny Clarke: "La syncope est une maladie musicale qui sert à guérir la phrase".

samedi 9 février 2008

L'avis de Vincent Engel

Vincent Engel a consacré son coup de coeur dans le magazine "Victoire", supplément du journal Le Soir du 9 février, à mon roman: http://blogs.lesoir.be/vincent/page/2/ . Et:

http://www.edern.be/vincent-engel/recherche.php3?recherche=crolit&debut_page=100


Comme ce numéro est consacré à la Saint-Valentin, et donc à l'amour, le roman se trouve en excellente compagnie!
L'article s'intitule "Un ovni littéraire". Le titre me plait assez. Contrairement aux objets fugaces et insaisissables du même nom, en voici donc un qui a bel et bien atterri. On peut le toucher, le humer, le visiter, l'emporter.
J' exprime toute ma reconnaissance à Vincent Engel que je connais bien entendu par ses livres, mais aussi par son site qui vaut le détour. C'est là que j'ai eu vent de son amour de la musique, et plus particulièrement du jazz. Le site de Vincent Engel est un gisement, une mine d'informations littéraires, musicales et autres: http://www.vincent-engel.com/

dimanche 20 janvier 2008

Les tambours de Louis sur Jazz, l'émission quotidienne de Philippe Baron sur la RTBF, Musiq3, mercredi 16 janvier

Je tiens à remercier Philippe Baron de m'avoir reçu dans son émission pour la présentation de mon roman. Sa lecture minutieuse et sensible du livre a facilité grandement la tâche au néophyte des ondes que j'étais.
Vous pouvez entendre l'émission sur le site de la RTBF www.rtbf.be/jazz, radio à la demande, émission du 16 janvier 2008.

vendredi 28 décembre 2007

Le livre

Le roman « Les Tambours de Louis » est né de la rencontre avec un homme, un musicien dont la photo aurait pu faire la couverture des magazines spécialisés. Mais cet homme a choisi la marge et l’anonymat. A une époque où de plus en plus de gens rêvent de célébrité, rêvent de passer à la télé pour un oui ou pour un non, c’est un paradoxe qui méritait d’être souligné. C’est ce que tente de faire ce livre.
Ce livre parle de musique. Des musiques d’aujourd’hui, et de leur histoire.
Il parle d’un artiste. Il parle d’un maître écorché.
Il parle de guerres.
Il parle de douleurs, et de jouissances.
Il parle de voyages.
Voyage d’un petit garçon sur les routes de France : c’est l’exode, au début de la Seconde Guerre Mondiale.
Voyage d’un jeune homme vers le pays du Matin Calme, la Corée : c’est en uniforme, pour la guerre.
Voyage du même jeune homme, à moto, tous les mois, d’une ville sidérurgique de Lorraine, où il est ouvrier, vers une ville-lumière, vers Paris. Avec, sur le porte-bagages, une caisse claire, une paire de baguettes, une méthode, un cahier, une tranche de pain et une boîte de sardines. Et à l’arrivée : Kenny Clarke, pour un cours de batterie. Kenny Clarke, le père du be-bop - aux côtés de Charlie Parker et Dizzy Gillespie - et de la batterie moderne, l'un des grands inventeurs de la musique de jazz, dixit Le Dictionnaire du Jazz, paru dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont.
Voyage d’un autre temps aussi : c’était, sur des bateaux négriers, celui de millions de femmes, d’hommes, d’enfants arrachés à leur terre africaine pour devenir les esclaves d’un Nouveau Monde et payer de leur sueur et de leur sang le développement des Etats-Unis d’Amérique.
Voyage clandestin, plus secret, d’un petit rien, de quelque chose comme un mouvement imperceptible, qui a accompagné le précédent : une particularité musicale, tellement petite, qu’elle a pu tenir dans le seul bagage que les esclavagistes ne purent contrôler : le corps et l’âme, body and soul, des captifs.Ce petit rien, c’est la syncope.
Voyage donc, de la syncope, d’Afrique vers le Nouveau Monde, et du Nouveau vers l’Ancien : déjà atteinte, l’Europe reçoit le coup de grâce, l’Europe est définitivement touchée par la grâce, après la Seconde Guerre Mondiale, au contact des boys américains. L’Europe sera jazz, et définitivement In the mood.La syncope est une maladie musicale qui sert à guérir la phrase, dit Kenny Clarke au jeune homme.Et cette syncope a bouleversé le paysage musical d’Occident, et la danse. On ne danse plus guère la valse ; quant aux autres danses, elles ont quitté la piste pour devenir « folkloriques ».
Voyages d’autres artistes aussi, vers les pays de la syncope, et retour : l’art nègre avait la cote bien avant l’arrivée des boys. Cette syncope, les musiciens nous la font entendre. Picasso, Matisse, Paul Klee, Juan Miro, et d’autres, nous la donnent à voir…
C’est de tout cela que parle le livre, et d’autres choses encore :d’accidents, de dissonances, d’accordéon, de chères sœurs, d’oies qui se sauvent, de buis qui crève, et de canards sauvages,et de rythme, surtout de rythme, rien que de rythme…

vendredi 30 novembre 2007

Publier: le parcours du combattant

Comme on peut s'en douter, il n'est pas simple de trouver un éditeur. Un parcours n'est pas l'autre, mais voici le mien, qui donnera une petite idée de l'attitude des éditeurs envers des auteurs inconnus. Bien sûr, face à la masse de manuscrits qu'ils reçoivent, leur travail n'est pas facile, et les choix, forcément subjectifs, sont en partie guidés par des impératifs de rentabilité de plus en plus immédiate. Ce qui, en général, n'empêche pas la qualité.
Après quelques envois infructueux et des lettres de refus en général sympathiques, je décidai d'envoyer le manuscrit à un de nos grands auteurs belges, Pierre Mertens (entre autres, Prix Médicis pour "Les Eblouissements", un superbe roman sur le poète allemand
Gottfried Benn). Je me disais que je risquais tout au plus de perdre 200 grammes de papier si Mr Mertens décidait illico de confier le manuscrit à la dure loi de la pesanteur, direction la poubelle qui ne devait pas être très éloignée de sa chaise de bureau. Il faut dire que je n'en étais pas à mon coup d'essai avec lui. Quelques années auparavant, j'avais agi de même avec la traduction du roman "Nappe de Feu" de l'auteur allemand Max von der Grün. Je ne faisais donc que récidiver. Et je dois ici rendre hommage à l'immense disponibilité et à la générosité de cet homme qui, malgré ses activités de professeur d'université, d'écrivain, critique littéraire, et j'en passe très certainement, avait pris le temps de lire la traduction d'un inconnu, et même de lui répondre en suggérant ça et là des modifications. Et quand des années plus tard, je lui envoyais le roman dont il est question ici, Pierre Mertens avait à nouveau accepté de le lire et il m'avait répondu par ces mots : "Je suis assez emballé par votre roman". Sortant du stylo d'un critique littéraire dont les lecteurs du Soir ont pu vérifier la probité, la rigueur autant que la générosité pendant les nombreuses années de son Bloc-Notes littéraire du mercredi, ces mots m'ont soutenu tout au long de ma longue recherche d'un éditeur. Ils étaient d'ailleurs sur le point de devenir le baume qui allait adoucir la déception à un moment où pointait la résignation.
Puis, sur le conseil de mon ami Jean-Jacques Didier, enseignant et écrivain lui aussi, j'ai envoyé le texte à l'Académie Royale de Langue et de Littérature de la Communauté Française de Belgique. Celle-ci, par le biais du Fonds national de la littérature, octroya une aide à l'édition.
Malgré cela, la recherche ne fut pas aisée, et l'attitude des "grands éditeurs" me parut plutôt paradoxale. Alors que les grands éditeurs auraient les moyens de donner leur chance à des (premiers) romans dont le sujet et le style ne garantissent pas le succès commercial, il semble qu'ils délèguent les risques à des éditeurs de taille plus réduite. Je n'éprouve aucune rancoeur, le monde est ainsi fait, l'édition n'échappe pas à la loi du Marché. J'en veux pour preuve une très belle lettre reçue d'un des quatres grands éditeurs parisiens, et que je qualifierais de "lettre de refus enthousiaste". Voici:

Monsieur,
Les Tambours de Louis, que vous aviez eu l'obligeance de m'envoyer avant l'été, a été lu, comme vous pouvez vous l'imaginer, avec un intérêt et une admiration rares tant pour le sujet que pour le style qui épouse le rythme musical dans ce ressassement, ce jaillissement, ce flamboiement, ces reprises incessantes, cette manière de fouailler, d'être au corps à corps avec la matière musicale, qui donne à votre roman une puissance et une vigueur singulières. Malheureusement, et je suis au regret de ce malheureusement, après multiples discussions au sein de notre comité de lecture, la décision n'a pas été positive pour des raisons éditoriales qu'avive chaque rentrée littéraire, quand nous voyons -- et c'est encore le cas cette année - des romans à la sombre beauté laissés pour compte parce que trop amples, touffus et exigeants. Vous auriez, je crois, intérêt à contacter des éditeurs comme...


Instructif, non?

Et nous voici arrivé enfin au dernier épisode : la publication du roman par Les Editions Namuroises, diffusées par les Presses Universitaires de Namur (PUN). Ce dénouement heureux est une illustration de plus d'un phénomène décrit dans un texte d'André Schiffrin (directeur de la maison d'édition à but non lucratif The New Press, New York). Ce texte s'intitule "Quand de 'petits' éditeurs échappent à l'emprise des conglomérats" et est paru dans Le Monde Diplomatique d'octobre 2007, disponible sur Internet. Le Monde Diplomatique est probablement l'un des derniers espaces de liberté dans le monde de plus en plus verrouillé des médias.
Je termine en exprimant ma reconnaissance au directeur des PUN, Mr René Robaye, qui a pris la décision de publier le texte. Je tiens à le remercier pour son amabilité, sa grande disponibilité et la totale liberté qu'il m'a accordée dans le traitement final du texte.

samedi 17 novembre 2007

Texte de quatrième de couverture

Le nom de Louis Mellyne, musicien de classe internationale, aurait dû figurer à l’affiche des hauts lieux de la musique en Europe. Mais Louis est ouvrier sidérurgiste dans le bassin lorrain puis devient, après la fermeture de l’usine, ouvrier d’entretien dans une école. Accordéoniste virtuose à douze ans, volontaire de Corée à dix-sept, il est très tôt possédé par les musiques syncopées et plus particulièrement par le jazz. C’est en Corée que Louis décide, s’il en réchappe, de devenir batteur. A son retour, il devient l’élève de Kenny Clarke, père de la batterie moderne et l’un des grands inventeurs de la musique de jazz. Il choisit – mais dans quelle mesure choisit-on ? – de vivre en marge, tant de sa région que du show-business, leur préférant, pour préserver sa liberté de créateur, l’anonymat des forêts qu’il connaît et parcourt depuis l’enfance.
C’est que sa musique, à l’accordéon comme à la batterie, truffée de dissonances, d’accidents harmoniques et rythmiques, n’est pas faite pour séduire.
A travers le destin de Louis Mellyne, le roman, né de la rencontre de l’auteur avec ce musicien d’exception, nous fait revivre un demi-siècle d’histoire contemporaine : la Seconde Guerre mondiale, l’après-guerre, la guerre de Corée, les années cinquante, les Golden Sixties, les fermetures d’usines. Il nous invite à une réflexion sur la nature de la création artistique et sur l’intrusion, dans le paysage musical occidental, de la syncope, marginale à l’époque, omniprésente aujourd’hui dans les musiques qui rythment notre société multiculturelle.